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Préparer la rentrée
12 novembre 2025
Nous sommes heureux de vous présenter un nouveau portrait de la série “Le talent humain à Marie de France”. Découvrez les personnes qui, chaque jour, déploient leur énergie et leur passion à l’éducation de vos enfants.
Je suis professeur de mathématiques (avec une formation en mathématiques et en physique).
Arrivé au CIMF en 1987 comme volontaire du service national, j’ai effectué une mission de 16 mois. Le poste a ensuite été transformé, de militaire, il est devenu détaché administratif, puis a été pérennisé. Et je suis resté… Cela fait presque 40 ans ! Ça montre à quel point je me sens bien ici.
Les relations humaines, le côté « famille ». Ma toute première classe, en 1987, m’a profondément marqué, et je pourrais encore aujourd’hui nommer et me souvenir d’au moins une quinzaine de prénoms de cette promotion.
Je pense d’ailleurs que ce sont davantage les élèves qui m’ont construit que l’inverse.
Et puis, il y a l’âme de Marie de France… Qui est totalement indépendante des personnes qui s’y succèdent ! J’ai l’impression que travailler ici transforme les gens. Même lorsque les enseignants changent, il reste toujours cette même énergie, cette bienveillance.
Des liens forts naissent ici. Mes deux grands enfants, qui ont été scolarisés dans cette école, y ont noué des amitiés sincères et durables. Et je crois que ce n’est pas propre à leur génération; c’est la force de Marie de France.


L’enseignement a beaucoup évolué. Chaque ministre veut laisser une trace, souvent en partant d’un dysfonctionnement réel. Mais les réformes sont rarement pérennes; un changement arrive, reste deux ans, puis est souvent abandonné. Ce n’est pas facile à vivre, mais ce qui nous guide, c’est de garder l’enfant au cœur du système. Peu importe les règles, les programmes, les évaluations, ce qui compte, c’est que l’élève soit toujours le gagnant !
Les élèves, eux aussi, ont changé. Leur rapport à la technologie et à l’immédiateté est fort. Il est plus difficile aujourd’hui de leur faire comprendre qu’un résultat ne s’obtient pas en un clic, ou que ce n’est pas parce qu’on voit quelque chose que c’est vrai.
La nécessité de démontrer, d’argumenter, est moins simple à faire passer qu’il y a 30 ans… Aussi, avec l’âge, on perd certaines références, il y a un vrai décalage. Mais la technologie fait partie de notre monde : nous devons vivre avec elle, comprendre que son rapport aux jeunes n’est pas un rejet, ni quelque chose dirigé contre nous.
Oh oui ! C’est toujours flatteur. Je ne me souviens pas d’un seul ancien élève qui m’ait reconnu sans venir me saluer.
Et à chaque fois, je leur pose la même question :« Est-ce que tu es heureux ? » parce que c’est quand même le plus important, non ?
Si beaucoup d’enfants m’ont marqué, certains m’ont changé. Je sais par exemple que je ne serais pas le professeur que je suis aujourd’hui sans cette classe de 1987, qui a été fondatrice. Et puis, il y a des rencontres qui nourrissent, des situations émouvantes. Par exemple, l’an dernier, j’ai accompagné mes élèves à Tremblant. Là-bas, j’ai retrouvé une ancienne élève que j’avais eue… en 1986, en France (!). Elle travaille aujourd’hui dans ce centre de plein air et m’a reconnu uniquement au son de ma voix.
En 1990, lors d’une sortie au cinéma, deux adolescents ont tenté de voler le manteau et le portefeuille de l’un de mes élèves. Je suis intervenu, et l’un des agresseurs m’a donné un coup de couteau dans la jambe. Je me souviens que l’élève que j’avais envoyé chercher de l’aide a eu la présence d’esprit de déchirer mon pantalon pour faire un garrot.
Bien des années plus tard, ma femme et moi entrons par hasard dans une boutique, et là, j’entends : « Monsieur Brun ! » C’était la mère de l’élève qui avait failli se faire voler ses affaires. Une belle boucle…
Reconnaissant. J’ai été choyé toutes ces années à Marie de France, et je continue à l’être. Nous sommes bien entourés, nous avons d’excellentes conditions de travail… Et puis, franchir la porte de la salle des profs en souriant et croiser dans les couloirs des enfants heureux de nous voir, je trouve que c’est merveilleux !
Merci, Monsieur Brun !